Psychologie des APS L1 STAPS

1- Introduction 

→ Il existe beaucoup de croyances dans le domaine du sport, dont certaines concernent les relations entre  la « personnalité » et la « pratique sportive ». Citez deux de ces croyances : 

1. Certains traits de personnalité seraient importants pour réussir dans le sport (qualités mentales, force psychologique, abnégation, vigueur, dépassement de soi, caractère compatible avec l’image d’une club et l’état d’esprit de l’équipe)  

2. La participation sportive permettrait de forger un caractère et modifier durablement la personnalité 🡪 vertu socialisante (le sport nécessite certaines caractéristiques de personnalité pour  s’adapter : solidarité, abnégation, dépassement de soi 🡪 c’est en pratiquant que l’on peut développer  ces caractéristiques  

→ L’examen des liens « personnalité – pratique sportive » a constitué l’un des thèmes les plus populaires  de la psychologie du sport, il a généré plusieurs milliers d’articles. 

2- Qu’est-ce que la personnalité

2.1. Définitions 

« Personnalité » est un concept que l’on utilise dans le langage courant. Intuitivement on a une idée de ce  qu’il recouvre, mais on a du mal à le définir précisément. 

→ Des synonymes :  

Tempérament, caractère, traits, caractéristiques personnelles …..  

→ Sa racine latine est : persona qui signifie : masque de théâtre 

Dans l’antiquité, le masque utilisé dans le théâtre grec avait trois particularités : 

– Il correspondait à un rôle particulier et à des comportements attendus (masques tragiques,  comiques, satiriques)  

– Il y avait un nombre limité de masque 

– Chaque acteur n’avait le droit de porter qu’un masque par représentation (idée que l’on ne  change pas facilement de personnalité)  

On retrouve ces caractéristiques dans le concept tel qu’il est défini aujourd’hui.

→ Dans la littérature scientifique, il existe une multitude de définition qui évolue dans le temps en  fonction des écoles de pensées et des modèles théoriques. Il n’y a donc pas un consensus complet pour  définir ce terme. 

Selon Costa et Mc Crae, la personnalité correspond à « des dimensions décrivant des différences  individuelles dans les tendances à manifester des patterns consistants de pensées, d’émotions et  d’actions » 1990 

2.2. Caractéristiques de la personnalité 

 Il existe un relatif consensus dans la communauté scientifique concernant au moins 3 caractéristiques  de la personnalité. 

(1) Unicité (ou identité

La personnalité c’est la somme des caractéristiques qui rendent une personne « unique » 🡺 Constat que les individus sont tous différents  

Pour Sheldon, la personnalité englobe tous les systèmes qui définissent un être humain. Cela peut  englober les aspects morphologiques (taille, poids, couleur des yeux, cheveux, etc.), biologiques (sexe,  VO2 Max., capacité anaérobie, etc.), psychomoteurs (Force, vitesse, détente, souplesse, dextérité  manuelle, coordination, etc.), cognitifs (vitesse perceptive, raisonnement mathématique, mémorisation,  etc.), affectifs (anxiété, peur, colère, etc.), et conatifs (motivations, valeurs, etc.). 

Certains chercheurs comme Lazarus estiment que la personnalité ne concerne que des dimensions  limitées à la sphère « psychologique », à savoir les aspects cognitifs, affectifs et conatifs. Les aspects  « morphologiques et biologiques », relevant du domaine de la biologie.  

(2) Constance 

Derrière le terme de personnalité, il y a l’idée d’une certaine régularité de certains comportements d’un  individu, dans l’espace et dans le temps. On parle de «conduites typiques» 

Si les scores aux tests de personnalité sont relativement stables dans le temps (sur plusieurs 10aines d’année), ils peuvent néanmoins évoluer. La personnalité n’est pas une entité figée définitivement. 

(3) Dynamisme interne 

La personnalité dynamiserait l’individu. C’est quelque chose qui donne de l’énergie ou de la constance aux comportements, et qui émane de l’individu lui-même et non de son environnement. 

2.3. Structure de la personnalité 

 Pour certains auteurs, comme Hollander (1967) ou Martens 

(1975), la personnalité est constituée de 3 niveaux distincts mais  

reliés entre eux, situés dans un environnement social. Il s’agit : 

du cœur psychologique 

C’est la partie la plus profonde de l’individu, qui comporte ses 

valeurs, motivations, intérêts, conviction sur soi-même. Certains  

auteurs parlent de «conception de soi. »  

Par exemple : je suis quelqu’un de rigoureux, de sensible, déterminé ; j’aime être avec mes amis…  C’est le pôle le plus interne et le constant de la personnalité. 

des réponses typiques  

Il s’agit des réactions habituelles que nous avons face au monde qui nous entoure (réactions prévisibles)  Par exemple : on peut être impulsif, agressif ou au contraire timide et discret  

Elles sont le reflet du cœur psychologique 

des comportements reliés à des rôles  

Il s’agit de la manière dont chacun réagit habituellement, en fonction de la situation sociale dans laquelle  il se trouve. La société inculque aux individus des conduites à tenir en fonction de leur position sociale.  

Par exemple : comportement associé au rôle : l’étudiant va en cours, prend des notes…. Mais aussi rôle  de sportif, d’entraineur, d’ami intime, d’enfant …🡪 on peut avoir des comportements typiques différents en fonction du rôle parce que ce qui est attendu est différent.  

Ils résultent des relations complexes entre le cœur psychologique, les réponses typiques et les  caractéristiques de la situation. C’est le pôle le plus externe et changeant de la personnalité. (qui peut être  influencé)  

Pour bien vous approprier les différents niveaux de la personnalité, complétez l’activité n°1 :  « Structure de la personnalité : prenez le temps de vous regarder », dans le document  d’accompagnement. 

2.4. Déterminants de la personnalité 

Il s’agit là d’une question qui concerne le poids de la nature et celui de la culture dans ce que nous  sommes, et qui ne fait toujours pas forcément consensus. On peut lister au moins trois facteurs qui vont  contribuer à former, structurer, façonner, faire évoluer la personnalité d’un individu. 

L’hérédité 

Cette variable fixe très souvent le cadre et les limites de notre évolution individuelle. (Variable dont est  pas sûr mais qu’on ne peut pas éliminer car trop de choses flagrantes).  

Par exemple : si VO2 max peut augmenter grâce à l’entrainement, elle augmentera dans les limites  imposées par l’hérédité ; pareil pour la taille le poids..  

L’expérience (ou l’histoire individuelle), 

Elle contribue à la structuration de la personnalité, notamment au cours des premières années de la vie. Par exemple : le style d’attachement de la mère sur son enfant a un effet sur ses comportements sociaux  ultérieurs ; 

Le cadre socio-culturel 

Plusieurs groupes sociaux comme la famille, l’école, la religion, le groupe de pairs, la culture orientent  nos habitudes et comportements. Les sociologues parlent d’« habitus social » pour désigner des  comportements, manières d’être, goûts, habitudes, dispositions d’esprit qui sont le résultat d’une  transmission sociale. Assez proche du concept de « du concept de comportement lié à des rôles » vu dans  le point précédent. A ce titre, le sport pourrait constituer un lieu de socialisation dans le sens où il  véhicule certaines valeurs, certaines attentes qui peuvent être intériorisées par les sportifs et marquer leur  personnalité. 

Contrôlez vos connaissances 

A ce stade, vous devriez être capable de répondre aux 5 questions suivantes. Elles peuvent être déclinées  sous forme de QCM et de Questions à trous (cf. liens dans la rubrique « Entrainez-vous » sur Chamilo). 1- Quelle est l’origine du mot « personnalité » ? 

2- Donnez une définition référencée de la personnalité. 

3- Quelles sont les 3 caractéristiques de la personnalité ? 

4- Quelles sont les composantes de la personnalité (sa structure) selon Hollander ? 5- Quels sont les déterminants de la personnalité ?

3- Existe-t-il une personnalité du sportif

Il existe de fortes croyances dans le domaine du sport, selon lesquelles pour faire du sport, ou pour réussir  dans le domaine du sport, il faut posséder une personnalité particulière  

Par exemple, il faudrait être un gagneur, avoir une forte envie de se dépasser, être capable de contourner  ces émotion, être fortement tourné vers les gens  

Hypothèse : la personnalité peut influencer l’adhésion à la pratique sportive et constitue un élément  important de la réussite sportive  

Si cette hypothèse était vérifiée, alors on devrait trouver des différences entre les sportifs et les nons  sportifs au niveau de leur personnalité. On devrait également trouver des différences de personnalité chez  les pratiquants de sports variés et entre les athlètes de haut niveau et ceux en réussite moindre.  

La plupart des études qui ont examiné les liens entre les « caractéristiques psychologiques de la  personnalité et la pratique sportive » ont été de nature descriptive. Elles ont simplement tenté de décrire les traits de personnalité, de trois groupes principaux d’individus :  

– des sportifs vs. des nons sportifs 

– des athlètes d’un sport particulier vs. des athlètes d’autres sports ,  

– des athlètes ayant des niveaux de réussite variés vs. des athlètes ………… (e.g., les titulaires vs. remplaçants ; des champions vs. athlètes qui n’ont pas connu de tel succès )  

3.1. Une approche de la personnalité centrée sur les « traits » 

Un des postulats de base de toutes ces études, c’est que les individus posséderaient des traits de  personnalité relativement stables qui les amèneraient à réagir d’une certaine manière dans différentes  situations.  

On parle d’approche de la personnalité centrée sur les « traits » qui a largement dominé les  recherches dans les années 70 et 80.  

Les auteurs de références dans ce domaine sont :

Selon cette approche, les traits sont des dispositions internes qui émaneraient de l’individu, de son  cœur psychologique et de son environnement ; ces dispositions internes seraient plus ou moins marquées  selon les individus, relativement stables dans l’espace et le temps et conditionneraient les pensées,  sentiments, et comportements des individus.  

Les psychologues qui s’appuient sur cette approche considèrent que les causes des comportements  résident généralement à l’intérieur de la personne et que le rôle des facteurs environnementaux est  minime. Les traits prédisposeraient une personne à agir d’une certaine manière quel que soit la situation  ou les circonstances.  

Par exemple, si un athlète a un trait de compétitivité marqué, alors il devrait être prédisposé à jouer à  fond pour montrer qu’il est le meilleur ou pour éviter d’apparaitre comme étant plus faible que les autres.  

Une « prédisposition » ne signifie pas que les athlètes agiront toujours de cette manière ; cela signifie  simplement que l’athlète a de fortes chances de manifester certains comportements, pensées ou  sentiments

Les traits peuvent être mesurés par des techniques variées, comme l’observation des comportements,  les interviews avec les athlètes ou leurs proches ou également avec des questionnaires  

Parmi les questionnaires qui ont été utilisés pour mesurer la personnalité des sportifs, on trouve :  – le 16pf de Raymond Cattell (sixteen personality factor inventery),  

– Le MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory) de Hathaway et McKinley  

Le 16 PF de Cattell est constitué de 185 questions. Il permet de mesurer 16 dimensions de la  personnalité, chacune étant composées de 2 pôles extrêmes. 

Par exemple, le trait de « Cordialité – chaleur » permet de différencier les individus qui sont  particulièrement chaleureux attentif aux autres communicatifs de ceux qui sont réservés, distants, voir  détachés …  

Selon ce questionnaire, les différents traits de personnalité d’un individu sont le résultat d’une analyse  sémiologique des différents adjectifs que l’on utilise au quotidien pour caractériser les gens. Ils résultent  également d’une analyse statistique qui permet de faire des regroupements parmi tous ces adjectifs et  d’identifier les aspects de la personnalité qui sont différents l’un des autres.  

🡺 Tous les chercheurs ne sont pas forcément d’accord sur le nombre de traits de personnalité qui  définissent l’individu mais on arrive à observer des traits principaux  

Une fois le questionnaire  

compléter, un score étalonné de 1 

à 10 peut être calculé pour  

chacun des 16 traits de  

personnalité. Il est ensuite  

possible de réaliser une  

représentation graphique des  

résultats obtenus par une  

personne et de dégager un  

« profil de personnalité ».

🡺 Tout le monde ne peut pas faire passer ces tests, il faut obtenir une qualification pour les utiliser  Le modèle de la personnalité en 5 facteurs

Ces dernières années, les adeptes de la théorie des traits ont proposé l’existence d’un modèle de la  personnalité à 5 facteurs généraux et universels (c.-à-d., qu’on devrait les retrouver parmi tous les  individus dans tous les endroits de la planète)  

Les auteurs de cette approche sont : Goldberg, 1990 ; Costa et McCrae, 1992 

Ces 5 facteurs sont : 

→ le trait d’extraversion (sociable, énergique, enthousiaste, sûr de soi)  

vs. le trait d introversion (calme, effacé, moins dépendant de la vie sociale) 

→ le trait d’agréable (altruiste, coopératif et harmonie sociale, serviable, sensible, amicale, disposé à  faire des efforts pour concilier leurs intérêts avec ceux des autres, vision optimiste de la nature humaine)  vs. le trait d’intérêt perso (peu soucieux des autres, fermé à la coopération, soupçonneux, inamicaux)    

→ le trait consciencieux (rigoureux, fiable, organisé, déterminé, forte volonté de réussir, poursuite  d’objectifs précis, personnes fiables) 

vs. le trait impulsif (sur qui on ne peut pas compter, ne respectent pas les limites)  

→ le trait du névrosisme (émotion négatives, anxieux, dépressif, pessimiste, culpabilité, frustrations  mineures= insurmontables)  

vs. le trait de la stabilité émotionnelle (calme, pas d’humeur négative récurrente) 

→ le trait d’ouverture aux expériences (curieux, imaginatif, cultivé, rêveur, terre à terre)  vs. le trait conservateur (hostile au changement, intérêt commun, préfère la simplicité)    

Ces 5 traits généraux de la personnalité sont souvent dénommées « Big Five » dans la littérature. Certains  parlent également parfois de Modèle « OCEAN ». Un acronyme. 

Un des outils qui permet de mesurer ces 5 traits généraux s’appelle le NEO-PI-R 

L’activité n°2 permet de tracer son propre profil de personnalité à l’aide d’un questionnaire (le BFI – FR) et de calculer des scores normalisés afin de comparer ses résultats avec une population du même sexe  et du même âge. 

Contrôlez vos connaissances 

A ce stade, vous devriez être capable de répondre aux 3 questions suivantes. Elles peuvent être déclinées  sous forme de QCM et de Questions à trous (cf. liens dans la rubrique « Entrainez-vous » sur Chamilo). 1. Quelle approche de la personnalité a dominé dans les études sur la personnalité des sportifs ?  Quels en sont les auteurs de référence ? 

2. Qu’est-ce qu’un trait de personnalité ? Citez un outil pour les mesurer. 

3. Que désigne le « Big 5 » ?

3.2. Des différences oui, mais assez inconsistantes 

Le protocole des études réalisées sur ce thème est assez simple. Il s’agit de faire passer des  inventaires de personnalité comme le 16pf de Raymond Cattell le MMPI de Hathaway et McKinley ou  NEO-PI-R Costa et McCrae, à des publics variés et de vérifier s’il existe des différences entre les  groupes sur les différents traits de personnalité.  

Que donnent les résultats de ces études ? 

Généralement, les études montrent des différences au niveau de certains traits de personnalité entre les  sportifs et non sportif, ou entre pratiquants de sports variés.  

MAIS, le problème c’est que ces différences sont assez inconsistantes d’une étude à l’autre 🡪 il y a trop  de différences pour pouvoir tirer des conclusions définitives.  

Le mot clé pour qualifier ces études est « inconsistance »  

Par exemple, une étude conduite par Hardman en 1973 a fait un premier bilan de 42 études anglaises qui  ont comparé les profils de personnalité des sportifs et des non sportifs en utilisant le 16 PF de Cattell.  Hardman a pu constater une grande variabilité des réponses pour un même trait 

Par exemple, pour le facteur 3 – la stabilité émotionnelle – les scores vont de 3.5 à 7.6 Autrement dit,  d’une étude à l’autre, le « sportif » apparaît comme étant relativement stable  

Cette grande variabilité dans les scores aux différents traits de personnalité apporte un certain discrédit à  l’hypothèse d’une personnalité particulière des sportifs. S’il existait « UNE » personnalité des sportifs  clairement identifiable, les résultats d’une étude à l’autre serait beaucoup plus homogènes.  

Des faiblesses méthodologiques

Les recherches sur la personnalité des sportifs pourraient souffrir de plusieurs faiblesses méthodologiques, comme : 

(a)grande variété d’outil pas toujours adapté à l’étude des comportements en sport  

(b) l’opérationnalisation de certaines variables est-elle bonne ? (qu’est-ce qu’un sportif ?)  Par exemple, faut-il avoir une licence, faire des compétitions, on faut-il considérer toute personne qui se  considère sportive comme un sportif ? Jamais les même définitions du sportif 

(c) le nombre de sujet par groupe est-il satisfaisant ?  

Quelques « tendances » néanmoins

Rhodes et Smith ont récemment fait une méta-analyse (c.-à-d., une synthèse de plusieurs études) de 33  études parmi les plus rigoureuses, publiées entre 1969 et 2006 (sur plus de 45.000 personnes).Elle fait 

ressortir les traits de personnalité qui seraient légèrement plus marqués chez les pratiquants d’un sport ou  d’une activité : 

– L’extraversion qui est positivement corrélée à l’AP. Autrement dit, ceux qui font une AP seraient plus extravertis que les autres 

– Le névrosisme qui est négativement corrélé à l’AP. Autrement dit, ceux qui font une AP seraient plus stables émotionnellement que les autres 

– Le caractère consciencieux qui est positivement corrélée à l’AP. Autrement dit, ceux qui font une  AP seraient plus fiables, déterminés que les autres.  

Néanmoins, il est très important de noter que les coefficients qui quantifient la relation entre ces traits  et la pratique d’une AP sont faibles : ils sont compris entre 0.11 et 0.23, sur une étendue qui va de 0 à 1.  Cela veut dire que les pratiquants d’une AP sont « légèrement » plus extravertis que la norme, ont une  stabilité à peine plus marquée que la norme et sont légèrement plus rigoureux, fiables et déterminés que la  norme. En d’autres termes, la possession de ces traits n’est pas une marque très distinctive des « sportifs »  ou des pratiquants d’une AP. 

Existe-t-il un profil de personnalité propre à un sport ou une famille de sport donné

Les résultats sont là aussi relativement décevant C’est toujours l’inconsistance qui prédomine d’une  étude à l’autre. 

Quand on fait des regroupements par « famille de sport », on peut faire ressortir quelques tendances, qu’il  faut prendre avec des précautions 

Des études mettent en évidence des différences entre les pratiquants des Sports collectifs et ceux des  sports individuels. Les premiers sont plus anxieux, extravertis, orientés vers le groupe, plus terre à terre,  moins imaginatifs que les seconds. 

D’autres études font ressortir des différences entre les pratiquants des Sports à risque (escalade,  parapente, base jumping, etc.) et des sports à faible risque (golf, randonnée, etc.). Les premiers sont plus  stables émotionnellement, extravertis, ouverts aux expériences, moins consciencieux et plus impulsifs que  les seconds. 

A retenir : l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible de définir avec précision le profil de  personnalité des pratiquants de tel ou tel sport, de telle ou telle famille de sport     . Faiblesses méthodologique  Il y a encore trop de   . Inconsistance dans les résultats 

3.3. Pourquoi les sportifs ont (auraient)-ils une personnalité particulière

Même si les différences de personnalité entre les sportifs et les non sportifs, les pratiquants d’un sport  et ceux d’un autre sport sont moins flagrantes que l’on a tendance à le croire (cf. section précédente),  comment expliquer ces différences ? 

Trois hypothèses peuvent être formulées pour expliquer les différences de personnalité que l’on peut  observer :  

(1) l’hypothèse « gravitationnelle », selon laquelle les individus seraient attirés par les sports qui  correspondraient à leurs caractéristiques psychologiques.  

Par exemple, les individus qui auraient une personnalité déterminée, affirmée, sûr de soi, agressive  pourraient graviter autour des sport comme le rugby, la boxe ou le hockey 🡪 sports d’affrontement direct.  

Si cette hypothèse est séduisante intuitivement, elle sous-entend que les individus connaissent bien les  qualités psychologiques qui sont attendues dans un sport.  

Or on peut se demander si les sportifs le savent réellement. 

La plupart du temps, les gens font un sport parce que d’autres personnes (famille, amis) les ont incités à  pratiquer ce sport  

(2) l’hypothèse de « la socialisation pas le sport » selon laquelle la personnalité pourrait changer avec  l’expérience sportive. Le sport est un lieu de socialisation qui véhicule certaines valeurs qui peuvent êtres  intériorisées et marquer la personnalité. 🡪 que ce soit des comportements louables ou non  

(3) l’hypothèse d’une « attrition naturelle », selon laquelle seules les personnes qui ont les qualités  psychologiques les mieux adapté à l’activité continuent de faire ce sport et que celles sui ne les ont pas  arrêtent (sorte de sélection naturelle 🡪 le darwinisme sportif)  

Les résultats des rares études rigoureuses sur ce thème sont en définitive… 

– Des études utilisant le 16 PF de Cattell n’ont trouvé aucun changement chez des étudiants de 18 à 21 ans  après une ou même après 4 saisons sportives.  

– A l’inverse, une autre étude (Tattersfield, 1971) réalisée chez des jeunes garçons préadolescents, a  constaté une augmentation des traits d’extraversion de stabilité émotionnelle et de dépendance au groupe  après 5 ans d’expérience sportive. Autrement dit, l’expérience sportive pourrait marquer la personnalité des individus, mais uniquement quand ils sont jeunes.  

– D’autres études conduites auprès de jeunes sportifs (e.g., Kleiber et Roberts, 1981) ont examiné les  effets de la compétition sportive sur les comportements pro-sociaux de coopération et d’altruisme. Elles  révèlent que la compétition sportive pourrait avoir un effet négatif sur l’apparition de comportements pro sociaux dans la mesure où les enfants qui ont la plus grande expérience compétitive sont  significativement moins altruistes et généreux envers leurs camarades.  

En résumé, l’expérience sportive pourrait marquer la personnalité mais uniquement chez les jeunes  et pas toujours de manière positive. 

Contrôlez vos connaissances 

A ce stade, vous devriez être capable de répondre aux 3 questions suivantes. Elles peuvent être déclinées  sous forme de QCM et de Questions à trous (cf. liens dans la rubrique « Entrainez-vous » sur Chamilo). 1. Quels sont les résultats des études qui ont examiné l’existence d’une « personnalité du sportif » ? 2. Quelles sont les 3 explications possibles aux différences de personnalité observées dans le sport ? 

3.4. Personnalité et réussite sportive  

Est-il important de posséder des traits de personnalité particuliers pour RÉUSSIR dans le  sport ? Cette question fondamentale a donné lieu à plusieurs recherches depuis quelques décennies. 

Selon John Silva (1984) la réponse à  

cette question dépend du niveau de  

performance dont on parle. Pour lui, les  

relations entre la personnalité et la  

performance ne sont pas les mêmes selon le  

niveau de performance des athlètes. 

→ Dans les premières étapes de l’implication sportive, il n’y a pas de lien entre la personnalité et la  performance réalisée.  

A la base de la pyramide des performances, les personnalités sont très différentes. Ce qui prédit le plus la  performance à ce niveau-là, ce sont les qualités physiques et techniques des sportifs.  

Aux niveaux supérieurs de compétition, on peut observer une certaine homogénéité dans les qualités  physiques et techniques car il n’est pas possible d’accéder au niveau national si on n’a pas les qualités  physiques pour réussir dans le sport.  

Au niveau psychologique, il y a généralement toujours des personnalités distinctes mais quelques traits  commencent à prédirent significativement la performance.  

Ceux qui les possèdent ont des chances plus élevées de mieux réussir à ce niveau de compétition.  

Au niveau de l’élite, les caractéristiques psychologiques semblent très importantes pour discriminer  les meilleurs athlètes des autres. a talent moteur identique, beaucoup d’athlète sont incapable de franchir  la petite marche qui leur permettrait de passer dans l’élite mondial de leur sport. 

Il existe quelques traits de personnalités et quelques qualités psychologiques qui permettent un ajustement  positif aux contraintes qu’impose le sport compétitif de haut niveau.  

En résumé, tout comme les athlètes de l’élite tendent à avoir une morphologie, des aptitudes et des  habiletés physiques relativement identiques pour s’adapter aux contraintes physiques et techniques de leur  sport, les athlètes de l’élite possèdent également des qualités psychologiques assez similaires  Ceux qui n’ont pas ces qualités psychologiques réduisent leur chance d’atteindre le plus haut niveau dans  un sport, n’arrivent pas à percer au plus haut niveau ou n’arrive pas à se maintenir à haut niveau.  Silva semble plutôt convaincu de l’existence d’un processus de sélection naturelle. (cf. point précédent)

Des différences dans les profils psychologiques des athlètes de haut niveau et la « norme » 

Plusieurs études ont fait ressortir des différences entre les traits de personnalité des athlètes de haut niveau et la « norme ». Par exemple, l’étude d’Aidman (2007), les joueurs de football australien de haut  niveau de la catégorie junior avec le 16pf.  

D’une manière générale, plusieurs études  

font ressortir qu’un faible très de névrosisme  

associé à un trait marqué du caractère  

consciencieux constitue les « marques de  

fabrique » des athlètes de haut niveau.  

Généralement ces deux traits sont très  

présents chez les athlètes de haut-niveau.

10 

Des différences dans les profils psychologiques des  

athlètes les plus en réussite, avec ceux qui le sont  

moins

L’étude de Garland et Barry (1990) a identifié des  

différences au niveau des traits du 16 PF, entre les 

titulaires, les remplaçants et les « porters d’eau »  

pratiquant le football américain. 

La personnalité des athlètes de haut niveau permet- elle de prédire leur performance ? 

C’est une question intéressante car si certains traits de personnalité prédisent la performance, alors  cela pourrait avoir des conséquences sur la sélection des athlètes ou leur préparation. 

Dans l’étude d’Aidman (2007), l’auteur a cherché à savoir si le profil de personnalité des athlètes juniors  permettait de prédire s’il faisait partie de la ligue professionnelle de football australien (ou s’ils évoluaient  à un niveau inférieur voire avaient arrêté de  

jouer) 7 ans plus tard.  

Les résultats montrent qu’une fois pris en  

compte les différences physiques et  

techniques entre les joueurs (c.-à-d., à  

potentiel physique identique dans la  

catégorie junior), les joueurs qui avaient le  

plus de chances d’évoluer dans la ligue  

professionnelle étaient ceux qui présentaient 

un score plus élevé sur le trait caractère  

consciencieux conformisme, plus faible sur  

le trait d’ouverture au changement , plus  

faible sur le trait d’autonomie (orienté vers  

le groupe +), plus faible sur le trait  

de tension et de nervosité.  

Cette étude semble apporter du crédit sur le rôle des traits de personnalité – combinés avec les aptitudes  physiques dans la prédiction de la performance parmi les athlètes de haut-niveau. 

L’étude de Piedmont et collaborateurs 

(1999) a examiné le pouvoir prédictif des traits  

de personnalité (mesurés avec des joueuses US  

de foot 1ère division) dans la performance des  

sportifs de haut niveau.  

Il ressort que la combinaison d’un faible  

névrosisme et d’un trait consciencieux élevé  

pourrait représenter le profil des personnes qui  

réussissent.  

Néanmoins, ces 2 traits de personnalité ne  

prédisaient qu’une partie modeste de la  

performance des sportifs (23% pour les  

évaluations des entraineurs et 8 % pour les  

statistiques de match. 

11 

A retenir : si certains traits de personnalité semblent prédire la performance sportive, le poids de ces  derniers est modeste (entre 8 et 30% de la performance). Autrement dit, les traits de personnalité ne  constituent qu’un indice de la performance (pas solide).  Il ne faut pas lui donner plus de poids qu’il n’est possible de lui en donner, sans pour autant vouloir jeter  cette information à la poubelle. D’autres indicateurs que les traits de personnalité sont nécessaires pour  prédire correctement la performance, comme par exemple les indicateurs physiques et techniques. Il est  également important de prendre en compte d’autres variables psychologiques comme les états  psychologique ou les stratégies cognitives.  Enfin, compte tenu de l’inconsistance des résultats d’une étude à l’autre et du faible pouvoir prédictif des  traits de personnalité, il n’est pas pensable d’utiliser ces tests à des fins de sélection.  Par contre, ces données peuvent servir pour accompagner un athlète, identifier certaines faiblesses,  anticiper certains problèmes, travailler avec lui pour améliorer d’éventuelles fragilités. 

Contrôlez vos connaissances 

A ce stade, vous devriez être capable de répondre aux 3 questions suivantes. Elles peuvent être déclinées  sous forme de QCM et de Questions à trous (cf. liens dans la rubrique « Entrainez-vous » sur Chamilo). 1. Que stipule le modèle de la pyramide « personnalité – performance » de Silva (1984) ? 2. Les athlètes de haut-niveau ont ils des traits de personnalité différents des autres ? 3. Peut-on sélectionner un athlète de haut niveau sur la base de ses traits de personnalité ? 

4. Traits et état de personnalité : pour une approche interactive de la personnalité  

On est parfois surpris du contraste qui peut exister dans les comportements des individus lorsqu’ils  sont sur un terrain de sport (irascibles, susceptibles, agressives) ou en dehors de ce terrain (calme, timide).  

La connaissance des traits de personnalité d’une personne ne veut pas forcément dire que cette  personne manifestera toujours les comportements qui correspondent typiquement à ses traits.  

C’est ce que Hollander ou Martens ont appelé « les comportements reliés à des rôles » (cf. CN1-1). Le  spot de la FFR illustre assez bien l’idée selon laquelle le contexte sportif peut susciter des comportements  particuliers sensiblement différents des conduites typique attachées à la personnalité d’un enfant.  Parce que dans le sport, il existe des attentes sociales particulières qui peuvent amener les pratiquants à  manifester certains comportements plus que d’autres (extraversion, dépassement de soi, contrôle de soi ) 

4.1. L’approche « interactive » 

Le constat d’un effet particulier du contexte ou de la situation sur les comportements a incité les  chercheurs en psychologie à examiner non seulement les traits de personnalité d’un individu mais  également les caractéristiques de la situation dans laquelle il se trouve. C’est ce qui a été appelé  l’approche interactive. 

Cette approche suppose que les traits de personnalité et la situation co déterminent le comportement.  Personnalité et situation sont des variables qui agissent ensemble pour influencer le comportement.  

« Interagir » veut dire que la combinaison des caractéristiques de la personnalité et des  caractéristiques de la situation peut produire des comportements singuliers, unique. 

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Par exemple, soient deux sportifs qui présentent des différences importantes au niveau de leur trait  d’anxiété. L’un présente un fort trait d’anxiété (a tendance à percevoir les situations comme menaçantes  même quand les circonstances ne le sont objectivement pas et à réagir de manière disproportionnée à ces  menaces). L’autre sportif présente un faible trait d’anxiété. Les deux sportifs ont le même potentiel  technique et physique. Les comportements qu’ils vont manifester et en particulier leur performance  peuvent être très différents en fonction de la situation dans laquelle ils se trouvent et en particulier son  caractère compétitif ou pas.  

L’approche interactive nécessite d’examiner comment les gens réagissent individuellement à une  situation particulière

4.2. « Trait » et « état » de personnalité 

Les partisans de l’approche « interactive » de la personnalité font une distinction nette entre les  « traits » et les « états » de personnalité. 

→ Comme vu dans les chapitres précédents, un « trait » de personnalité correspond à une disposition  interne, plus ou moins marquée selon les individus, relativement stable, qui détermine les pensées,  sentiments et comportements. Un trait est une tendance comportementale, une disposition qui influence  le comportement.  

Par exemple, un trait d’anxiété = tendance ou disposition comportementale acquise, qui prédispose un  individu à percevoir un ensemble de circonstances objectivement non dangereuses comme étant  menaçantes, et à répondre à celle-ci par des réactions d’anxiété disproportionnées par rapport au niveau  effectif de la menace (Spielberger,1966)  

→ L’état de personnalité correspond à au comportement qui est réellement actualisé dans une  situation donnée à un moment donné. Si le trait « prédispose » l’individu à agir d’une certaine manière, la  situation peut le contraindre ou l’inciter à agir différemment. 

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Par exemple, un état d’anxiété = ensemble de sensations subjectives, d’appréhension et de tensions,  accompagné ou associé à une activation ou une excitation du système nerveux autonome 

Fidhandler (1986) a mis en évidence 4 dimensions qui permettent de distinguer les concepts de  « traits » et d’« états ». 

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